Comment êtes-vous devenu un des co-animateurs de l’ART Sud ?

Philippe Rossello : Le laboratoire EMMAH de l’Inra d’Avignon m’a souffl é l’idée de prendre en charge l’Animation régionale Theia (ART) pour la région. Pour Dominique Courault, vu le contexte régional, mon entreprise GeographR était en capacité de prendre la mesure des enjeux et de répondre aux besoins. J’étais déjà convaincu qu’il était essentiel de développer la télédétection dans notre région et ce rôle était un bon moyen d’assurer une veille permanente sur les produits satellitaires. Afficher GeographR contribuait aussi à renforcer la visibilité de mon bureau d’études, même si les retombées en termes contractuels sont encore très marginales. Mais l’enjeu principal se situe au niveau de l’accompagnement des acteurs régionaux pour surveiller l’environnement, évaluer les impacts du changement climatique, suivre l’évolution de l’occupation des sols… Les investissements consentis dans le domaine spatial doivent absolument être valorisés.

Comment voyez-vous votre rôle de médiateur entre la recherche et les utilisateurs ?

Philippe Rossello : Cette médiation est indispensable pour renforcer le dialogue entre les chercheurs, les entreprises, les collectivités territoriales, les parcs nationaux et régionaux… L’utilisateur hésite avant de se rapprocher des scientifiques car le cloisonnement entre les communautés reste fort. L’ART doit encourager ces échanges.

Cela peut passer par le montage de projets communs qu’ils soient modestes ou ambitieux. En région Sud, nous essayons de réunir les diff érents acteurs régionaux publics et privés sans exclusion. Les utilisateurs sont curieux et volontaires, mais l’expression des besoins est très locale. Ils souhaitent que l’ART Sud intervienne sur leur territoire. Cette attente est malheureusement en inadéquation avec les moyens financiers des ART.

Quelle est la plus belle réussite de l’ART Sud ?

Philippe Rossello : La formation technique de deux jours proposée à l’Université d’Avignon en 2017 a été un succès avec une cinquantaine de stagiaires. Nous ne nous attendions pas à un tel engouement. Un événement à la Maison de la météo et du climat des Orres a aussi permis de présenter le potentiel de la télédétection aux acteurs alpins. En montagne comme en plaine, la télédétection peut jouer un rôle précieux pour enrichir les connaissances et les bases de données.

Le colloque national dédié à la télédétection, programmé en mars 2019 à Aix-en-Provence, constituera une montée en puissance de nos actions. Cet événement, organisé par le CRIGE, en partenariat avec l’ART Sud, marque un virage dans l’animation régionale. Désormais, le CRIGE et GeographR coaniment l’ART Sud. Ce rapprochement est une excellente nouvelle pour développer l’économie et enrichir les connaissances à partir des produits satellitaires, du suivi de l’état de santé des lacs alpins à l’identifi cation des espaces propices à l’installation des énergies renouvelables. GeographR, avec sa volonté de créer des passerelles entre le public et le privé, et le CRIGE, avec son riche réseau d’acteurs publics et locaux, sont très complémentaires. La dynamique doit être permanente pour éviter l’essouffl ement et la démobilisation rapide des acteurs régionaux.

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