Vous êtes un spécialiste de traitement d’images géospatiales. Comment êtes-vous impliqué dans Theia ?

Rémi Cresson : Je suis ingénieur de recherche à l’UMR Tetis (Irstea, prochainement Inrae) et spécialiste en traitement d’image. Je m’intéresse aux approches qui permettent d’extraire de l’information à partir des images géospatiales (en particulier optique et radar). Je fais également de la veille scientifique et technologique et j’accompagne techniquement les chercheurs de mon laboratoire.

Je suis également impliqué dans des projets open-source (comme par exemple les projets Orfeo ToolBox et Zoo-Project), une orientation qui me semble être primordial en tant qu’ingénieur dans un organisme de recherche publique. Ces projets constituent en effet un plateau technologique précieux et indispensable aux scientifiques et académiques.
Je suis amené typiquement à travailler sur des problématiques de calcul, de passage à l’échelle et d’apprentissage machine. Les données que je mobilise la plupart du temps sont des données Spot 6/7, Sentinel-1 et Sentinel-2 mais je suis amené à utiliser toutes sortes de données auxiliaires publiques.

Je contribue déjà à différents CES – Humidité du sol à très haute résolution spatiale et Urbain, notamment. J’espère contribuer à d’autres CES prochainement.

Qu’est-ce qui vous motive à vous impliquer dans un réseau comme Theia ?

Rémi Cresson : Ma matière première est essentiellement constituée d’images satellitaires ! Aujourd’hui, toutes les images sur lesquelles je travaille sont fournies par le pôle Theia : les données Spot 6/7 sont disponibles gratuitement pour les acteurs publics via Geosud ; les données Sentinel-2 mises en réflectance par les équipes du Cesbio et du CNES sont devenues une donnée de référence fiable et mobilisable par des personnes qui, hier, ne l’auraient jamais fait par manque d’expertise ou de ressource.
Par ailleurs, les CES de Theia constituent une formidable opportunité pour les scientifiques : ils permettent de réunir des experts par thématiques, de favoriser leurs échanges, mais aussi d’augmenter la visibilité de leurs travaux. Theia accorde une grande importance à la valorisation des travaux de recherche, et on voit de solides produits émaner des CES. Il me semble que c’est la première fois qu’une telle organisation permet cela à l’échelle nationale dans notre domaine.

Quels sont aujourd’hui les défis pour l’avenir pour la recherche et pour Theia ?

Rémi Cresson : Aujourd’hui, nous sommes face à une révolution technologique. D’un côté, il existe de plus en plus de données géospatiales : images satellitaires en flux continu et disponibles publiquement (par exemple Sentinel-1 et Sentinel-2) ; données in situ ouvertes ; données issues de crowdsourcing, etc. D’un autre côté, nous voyons apparaître de nouvelles techniques et architectures (pour le calcul, le stockage, etc.) pour exploiter toute cette masse d’information.

Le défi pour la recherche est de s’adapter à ce changement de paradigme. L’organisation des ressources me parait un point central que seule une entité comme Theia, avec une échelle nationale au moins, peut rendre efficace. Si la communauté scientifique avance en ordre dispersé, je pense qu’elle sera tôt ou tard en difficulté devant le défi technique que représentent l’exploitation des données et la diffusion de ses propres résultats de recherche.

Rémi Cresson


Rémi Cresson
Irstea | Tetis
@R.Cresson
Contributions