Vous êtes l’animatrice du CES Urbain et partie prenante de l’ART Grand-Est (Kalideos-Alsace). Qu’est-ce qui motive votre implication dans Theia ?

Anne Puissant : A travers mes activités de recherche et mon implication dans la formation comme responsable d’un Master dédié à l’exploitation des données géographiques numériques (Master ‘Observation de Terre et Géomatique’ de l’Université de Strasbourg), j’ai toujours essayé de développer des recherches à vocation opérationnelle, c’est-à-dire qui répondent en partie à des besoins identifiés du monde socio-économique. Le lien avec la formation permet d’initier et de proposer à certains organismes d’exploiter des données multisources dont l’imagerie satellitaire fait partie ; source de données à laquelle ils n’auraient pas pensé a priori pour leurs applications. Ces échanges formation/recherche permettent également de développer les liens avec les acteurs du territoire, notamment grâce à des anciens étudiants en poste, et permet d’assurer une veille scientifique dans le domaine.

C’est ainsi que dans le cadre de mes activités de recherches appliquées aux domaines de l’aménagement du territoire et de la planification urbaine, je participais déjà au réseau d’animation régional CIGAL (Coopération pour l’Information géographique en Alsace – devenu depuis le réseau GeoGrandEst). A travers ce réseau très actif, les travaux de recherche étaient ainsi portés à connaissance des acteurs. C’est donc tout naturellement que, lorsque que le réseau des ART a été créé, j’ai intégré l’ART Geo Grand-Est. J’ai ainsi pu formaliser cette animation réalisée auparavant sans véritable cadre en étroite collaboration avec l’ensemble des partenaires du réseau GeoGrandEst.

Comment cette implication s’articule-t-elle avec vos travaux de recherche ?

Anne Puissant : Parallèlement à mes activités de formation, je travaille en collaboration depuis de nombreuses années avec des laboratoires spécialisés sur les questions urbaines (domaine des sciences sociales), et/ou des laboratoires de recherche spécialisés dans les nouvelles technologies (domaine des sciences de l’ingénieur et informatique).

La création de Theia a été une opportunité pour rassembler l’ensemble des laboratoires intéressés par ces deux domaines . Le CES permet d’échanger et de travailler ensemble sur les problématiques et les défis qui sont posés à l’heure actuelle à l’environnement urbain face au changement climatique : étalement urbain, diminution des terres agricoles, perte de biodiversité, ilot de chaleur urbain, etc. L’animation du CES permet d’être en lien direct avec les acteurs des territoires et de développer des recherche permettant de répondre à leurs besoins en allant jusqu’au prototypage/ conception de ‘produits à valeur ajoutée’ dérivés de l’imagerie satellitaire.

Quel est le principal défi pour l’avenir ?

Anne Puissant : Avec l’arrivée des images de la constellation Sentinelle, l’accès facilité aux archives d’images (Landsat, SPOT, etc) et avec le mouvement de l’Open Data, le défi de demain est double : aider les utilisateurs à traiter ces masses de données et leur transférer les résultats de la recherche publique sous une forme exploitable et utilisable dans leurs différents services (gestion, planification, prospective, décisionnelle, etc.). C’est dans ce cadre que les laboratoires de l’Université de Strasbourg se sont regroupés afin de proposer une plateforme dédiée au traitement massif d’imagerie satellitaire (Plateforme A2S).

Anne Puissant
U. de Strasbourg | Live
@A.Puissant
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