Faire communauté autour d’enjeux, en valorisant l’expertise de tous les acteurs
Directrice communication, médiation, animation THEIA | Responsable médiation et Animation régionale thématique DATA TERRA
- Quel parcours vous a amenée à travailler aujourd’hui pour le pôle THEIA ?
- Quel est pour vous le rôle de THEIA dans un tel dispositif de médiation science / société ?
- Quel est le principal défi à venir pour le pôle et l’IR pour soutenir la diffusion et l’usage des données environnementales dans les politiques publiques ?
Quel parcours vous a amenée à travailler aujourd’hui pour le pôle THEIA ?
Isabelle Biagiotti : J’ai une formation atypique en sciences politiques et en économie qui m’a amenée à m’intéresser au développement durable et aux questions environnementales à l’échelle internationale et nationale. Après avoir exercé des rôles d’animation de réseaux non-gouvernementaux et de responsable d’édition spécialisée dans l’environnement, j’ai rejoint le pôle THEIA en 2018 en tant que chargée de communication et de valorisation.
J’ai ainsi découvert le monde des données environnementales que je ne connaissais qu’indirectement, au travers de publications que j’avais pu accompagner. Leur potentiel pour l’appui aux politiques publiques, pour la connaissance des équilibres écologiques, mais aussi pour l’anticipation de notre avenir entre en écho avec mon parcours et m’a donné envie de m’investir sur le long terme dans Data Terra.
Je viens de réussir le concours du CNRS d’Ingénieure de recherche en médiation scientifique qui me permet d’avoir les moyens de réaliser cette ambition. En complément de la direction de la communication du pôle, de plus en plus intégrée dans celle de l’IR Data Terra, je vais piloter le dispositif d’Animation Régionale Thématique (ART) qui offre un forum d’échange entre recherche et utilisateurs non académiques de données environnementales pour les territoires.
Quel est pour vous le rôle de THEIA dans un tel dispositif de médiation science / société ?
Isabelle Biagiotti : Le dispositif ART s’est développé au sein du pôle THEIA dès sa création en 2012, avec l’ambition de soutenir les échanges entre chercheurs et utilisateurs non académiques sur une base territoriale. Il poursuit une double approche: régionale, au plus près des acteurs de la transition écologique, et thématique, afin de faire communauté autour d’enjeux, en valorisant l’expertise de tous les acteurs, et pas seulement celles des chercheurs producteurs de données.
Si le dispositif ART se déploie aujourd’hui à l’échelle de toute l’IR, les thématiques propres aux surfaces continentales restent les plus directement proches des acteurs des territoires. Dans THEIA, comme dans tous les pôles, il y a un vrai travail de médiation à systématiser pour organiser la remontée des besoins des territoires auprès des chercheurs et, en retour, accompagner les utilisateurs non académiques dans leur appropriation des données et des méthodes existantes. Contribuer à la diffusion des données et de leur usage, notamment dans les politiques publiques, est clairement dans la feuille de route des pôles et de l’IR Data Terra.
Quel est le principal défi à venir pour le pôle et l’IR pour soutenir la diffusion et l’usage des données environnementales dans les politiques publiques ?
Isabelle Biagiotti : Le pôle THEIA est d’abord un dispositif de soutien à une recherche innovante – parfois bien en amont des besoins opérationnels des acteurs publics. Les deux aspects sont importants. Il faut continuer à soutenir l’innovation scientifique et technique sans oublier les besoins actuels des acteurs. Et c’est à cet interface que se situe une action de médiation.
A l’échelle de Data Terra, il me parait par ailleurs important de trouver les bonnes façons de diffuser des données de tous les pôles auprès des acteurs non académiques. On ne peut pas demander à tous les acteurs des territoires d’utiliser les plateformes de diffusion de la recherche. Si on veut élargir l’accès et l’utilisation, il faut faire l’effort de rendre nos flux de
données connectables aux plateformes des acteurs – région, métropoles, parcs, etc. – pour enrichir leur environnement décisionnel.
Un premier outil est en cours de développement au sein du projet Gaia Data et devrait être disponible au deuxième semestre 2026. Il faudra bien sûr prévoir un accompagnement à l’appropriation de ces données et de leur utilisation. De beaux chantiers en perspective.


