La ligne d’équilibre glaciaire représente l’endroit sur le glacier où le bilan de masse de surface est nul. Elle délimite, à l’amont, la zone d’accumulation (où le bilan de masse est positif) et, à l’aval, la zone d’ablation (où le bilan de masse est négatif). D’une année à l’autre, en fonction des conditions climatiques, l’altitude de la ligne d’équilibre varie. Connaitre son altitude chaque année et documenter sa variabilité temporelle nous renseigne donc sur les conditions climatiques et leur évolution, ainsi que sur la réponse du glacier (gain ou perte de masse).

La difficulté d’accès et de la complexité topographique des milieux glaciaires explique que la rareté des données glaciologiques issues de mesures in situ. De fait, la mesure in situ de l’altitude de la ligne d’équilibre est réalisée sur un nombre de glaciers extrêmement réduit : une quarantaine de glaciers a des mesures continues sur plus que 40 ans – soit 0,016 % du nombre total de glaciers sur Terre.

Pour palier ce manque, le CES Glaciers a développé un produit documentant par télédétection spatiale optique l’altitude de la ligne d’équilibre glaciaire annuelle, mesurée en fin de période d’ablation, pour l’ensemble des glaciers à l’échelle des Alpes européennes.

Un produit sans équivalent

Le produit Altitude de ligne d’équilibre glaciaire n’a pas d’équivalent en Europe (Copernicus) ou aux États-Unis (NSIDC). Il se veut complémentaire des observations glaciaires in situ pour répondre aux objectifs définis par la stratégie de surveillance établie internationalement par le Global Terrestrial Network for Glaciers (GTN‐G) et le Global Cryosphere Watch (GCW, WMO).

Évolution de la ligne de neige sur le Glacier Blanc (massif des Écrins, France) au cours de la saison estivale 2016, entre le 6 juillet et le 12 octobre. Pour faciliter l’identification de la ligne de neige on a utilisé une combinaison des bandes spectrales : vert, proche infrarouge et infrarouge moyen faisant apparaître la glace en bleu foncé, la neige en bleu très clair, et le substratum rocheux ainsi que la végétation dans des couleurs plus naturelles (vert et marron respectivement). Les images illustrées ont été acquises par les satellites LANDSAT-8 (*) et Sentinel-2 (+). L’altitude maximale atteinte par la ligne de neige est utilisée comme indicateur de l’altitude de la ligne d’équilibre glaciaire ; dans cet exemple, elle est atteinte entre le 2 et le 8 septembre. Illustration issue de la thèse de doctorat de Lucas Davaze (2019, http://www.theses.fr/2019GREAU022)

Sur le plan applicatif, le produit fournit des éléments pour une meilleure caractérisation de l’évolution récente des glaciers et des impacts associés (ressources en eau, niveau de mers) utiles pour la gestion des territoires.

Caractéristiques du produit Altitude de ligne glaciaire :

  • Données satellitaires sources : Sentinel‐2, Landsat‐5/8, ASTER, SPOT‐6/7
  • Fréquence de publication : annuelle
  • Couverture : Alpes Européennes

240 glaciers des Alpes européennes

Le produit « altitude de ligne d’équilibre glaciaire annuelle » est disponible pour un ensemble de 240 glaciers à l’échelle des Alpes européennes sur la période 2000-2016. La chaine de traitement des données satellites mise en place dans le cadre de la thèse de Lucas Davaze (2019, Univ. Grenoble Alpes. http://www.theses.fr/2019GREAU022) a été publiée (cf. Davaze et al. 2020, Supp. Mat.)

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Antoine Rabatel

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