Enjeux sociétaux

La connaissance des « risques naturels et anthropiques »  et le renforcement de la résilience vis-à-vis est un enjeu sociétal majeur tout autour du globe. La société moderne accepte de plus en plus difficilement le risque en raison de son coût humain et financier. On cherche à l’identifier, à le prévenir et à le diminuer. Il faut garder en mémoire la distinction entre les aléas ou risques naturels, qui sont des événements géophysiques ou hydro-météorologiques (inondations, les séismes …), et les catastrophes naturelles, qui supposent l’interaction d’aléas naturels et de systèmes sociaux.

Les phénomènes naturels peuvent donc être de nature hydro-météorologiques (tempêtes, inondations,  mais aussi vague de froid ou de chaleur, orages violents, avalanches…) ou géologique (séismes, activités volcaniques, auxquels peuvent être associés des inondations ou des raz de marée ou tsunamis mais aussi les mouvements de terrain, glissements de terrains, effondrements de cavités, retrait gonflement d’argiles). Toutefois, la connaissance, la perception, les impacts des risques naturels et catastrophes associées varient selon les continents, selon le sol et le sous-sol, le relief et le climat. Un risque naturel découle de la conjonction d’un phénomène naturel (aléatoire) et de la présence de biens ou d’activités vulnérables. Les impacts d’une catastrophe peuvent dépendre fortement de la densité de population et du taux et type d’urbanisation voir des enjeux environnementaux. Deux sociétés peuvent être exposées de la même manière à un risque naturel, mais avoir une vulnérabilité différente aux dégâts.

Plusieurs catastrophes ont marquées les esprits ces dernières années :

  • le tsunami d’Indonésie de décembre 2004 qui affecta le pourtour de l’Ocean Indien des côtes orientales de l’Afrique à l’Indonésie entrainant la mort de plus de 250 000 personnes,
  • l’ouragan Katrina qui a touchés les côtes de Louisiane, et provoquant l’inondation d’une grande partie de la ville de la Nouvelle Orléans, le 29 août 2005
  • le séisme de Chengdu, en mai 2008 dans la province de Sichuan (nord ouest de la Chine) provoquant la mort de plus de 90 000 personnes.
  • le séisme d’Haïti, plus dévastateur encore, survenu le 12 Janvier 2010 qui a ravagé le pays le plus pauvre du continent américain, faisant entre 100 000 et 160 000 morts et 1,5 millions de sans abris dans ce pays le plus pauvre du continent américain,
  • le séisme de magnitude 9 de Tohoku, du 11 mars 2012, provoquant un gigantesque tsunami qui dévasta la côte orientale du Japon et entraina la catastrophe de Fukushima.

Les risques technologiques sont, pour leur part, des risques permanents ou accidentels, directement liés à l’activité de l’homme, qui peut les aggraver par son imprévoyance ou au contraire les limiter par des mesures de sécurité préalables. Ces risques peuvent avoir des conséquences graves pour la santé des individus, pour leurs biens ou pour l’environnement.

Sans parler des catastrophes de Bhopal en décembre 1984 ou de Tchernobyl en avril 1986, on peut citer quelques exemples. Tout d’abord le cas de ruptures de digues de bassin de rétention de produits toxiques. Ainsi en avril 1998, la rupture sur 50 m de la digue d’un bassin de stockage de déchets d’une mine de pyrite, 4 millions de tonnes d’eaux acides et 3 millions de tonnes de boues chargées en zinc, fer, cuivre, plomb et arsenic (0,3 g/l) rejoignent le réseau hydrographique, qui va déborder de 200 à 300 m sur 20 km et menacer  le Parc National de Donana, joyaux de la biodiversité en Europe. Plus récemment, en 2010, en Hongrie  près de la ville hongroise d’Ajka, suite à la rupture d’une digue d’un bassin de rétention, les villages situés en aval d’une usine d’alumine Ajka ont été brutalement envahis par 700 000 m3 de boue rouge très liquide et très caustique, provoquant une catastrophe écologique majeure par sa proximité du Danube ainsi que neuf morts et 120 personnes blessées.

Le milieu maritime n’est pas exempte de catastrophes  avec celles liées aux naufrages de pétroliers (Exxon Valdez en Alaska en 1989, Erika en décembre 1999 sur les côtes bretonnes, Prestige au large de l’Espagne en novembre 2002). On peut également citer l’explosion de la plateforme Deep Water Horizon en avril 2010 dans le Golfe du Mexique et de l’importante pollution qui en suivie aux impacts économiques et environnementaux considérables.

Des outils spatiaux pour la sécurité civile

L’espace, et ses composantes observations de la terre et communications sont des aides à la décision et à l’action publique. En effet, comme souligné dans les rapports de la nouvelle Stratégie Nationale de Recherche du Ministère de l’Enseignement et de la Recherche, l’espace est devenu, en quelques années, un facteur essentiel de la sécurité civile. La conjugaison des outils spatiaux d’observation de la Terre, pour la prévision des catastrophes puis pour l’état des lieux, et des outils de télécommunications et de navigation, pour l’intervention sur le terrain, augmente considérablement l’efficacité des secours, alors que la catastrophe a en général neutralisé les moyens terrestres locaux. Pour les mêmes raisons, ces outils spatiaux facilitent la phase de reconstruction.

Ainsi l’observation de la terre s’adresse à l’ensemble du cycle de gestion de la crise, c’est à dire aux phases suivantes :

  1. Prévention et préparation : zonage et analyse de la vulnérabilité, planification d’engagement, exercices et sensibilisation du public,
  2. Réponse : mobilisation des capacités de réponse, cartographie de l’aléa et des dégâts, évaluation des dommage et impacts, identification des mouvements de populations, suivi de camps de personnes déplacées, soutient aux équipes de secours engagées sur le terrain, information vers les décideurs,
  3. Post événement : la réhabilitation et intégration du risque de crise dans la stratégie de développement afin d’obtenir des capacités de prévention à long terme.

Plus d’informations sur Une ambition spatiale pour l’Europe (Stratégie Nationale pour la Recherche)

Question de recherche

Pour l’ensemble des phases du cycle de gestion de crise (prévention, réponse d’urgence et retour post crise), l’observation de la terre apparaît, comme un outil majeur de part sa vision synoptique, de ses capacités d’accès en tout point du globe et des capacités d’acquisitions répétitives. L’ensemble des capteurs actuels ou disponibles à court terme, fonctionnant dans les différents domaines de longueur d’onde (VIS, MIR, THIR, hyperfréquences) et principalement de résolutions spatiales infra métriques à décamétriques, sont exploités dans le domaine des risques.

Les questions de recherche liées à la thématique « risques » concernent l’ensemble de la chaîne de traitement de l’information, de l’acquisition de la donnée à la restitution de l’information et reprennent ou sont sécantes aux thèmes des autres domaines d’applications. On peut ainsi citer : 

  • les méthodes d’extraction d’information, en 2D (sur données très haute résolution spatiale), et 2.5D (composante temporelles) et 3D (apport des DEM haute et très haute résolution),
  • l’inventaire et la caractérisation des enjeux et des éléments exposés peuvent être définis par télédétection pour un aléa naturel et/ou anthropique,
  • l’exploitation à la volée des séries temporelles de type Sentinel,
  • la modélisation de l’Alea avec prise en compte et/ou assimilation d’informations dérivées des données d’observation de la terre,

Contacts

Hervé Yésou Sertit

Hervé Yesou
SERTIT
@H.Yesou


Applications

  • Site Charte internationale Espace et Catastrophes Majeures
    Créée en 2000 par le CNES et l’ESA, la Charte « Espace et Catastrophes Majeures » fournit régulièrement et gratuitement des images satellites aux pays victimes de catastrophes naturelles pour les aider à organiser les secours. En effet, à ce jour, aucun satellite dans le monde n’est dédié à l’observation des catastrophes naturelles. Aussi, le réseau de la Charte fait appel à des satellites, publics ou dépendants d’agences gouvernementales, pour répondre à des situations d’urgence. Depuis sa création, la Charte internationale « Espace et catastrophes majeures » a accompagné les secours près de 400 fois, dans plus de 110 pays.
    Plus d’informations sur www.disasterscharter.org/fr/web/guest/home
  • Site Copernicus EMS
    Copernic EMS – Mapping fournit tous les acteurs impliqués dans la gestion des catastrophes naturelles, les situations d’urgence d’origine anthropique et les crises humanitaires, des informations géospatiales dérivées de données d’observation de la terre et complétées par disponibles dans les sources de données ouvertes ou in situ.
    Plus d’informations sur http://emergency.copernicus.eu/mapping
  • Site SERTIT
    Le service de cartographie rapide du SERTIT est opérationnel 24/7/365 et s’engage à fournir  en moins de six heures une cartographie de crise permettant aux décideurs d’optimiser l organisation des secours ou la logistique en cas d’événement majeur. Pour cela le SERTIT maintient en astreinte 7 jours sur 7, 24 heures sur 24 et 365 jours par an une équipe d’ingénieurs expérimentés dédiée à la production en temps réel de géoinformations évènementielles, soutenue par la certification ISO 9001, exploitables par les systèmes d’aide à la décision.
    Plus d’informations sur http://sertit.u-strasbg.fr/RMS
  • L’ANR KalHaïti vise à construire et faire vivre une base de données de télédétection et de données complémentaires relatives au séisme de janvier 2010 et à animer une communauté d’utilisateurs associés. Cette véritable infrastructure de référence servira de support à des recherches pour développer des méthodes d’analyse utiles aux équipes concernées par la gestion d’une catastrophe depuis la prévision jusqu’au retour à une situation normale, mais aussi aux opérations de reconstruction engagées sur Haïti.
    Plus d’informations sur http://kal-haiti.kalimsat.fr/spip.php?rubrique4&lang=fr
  • ANR-URBASIS – Sismologie urbaine : évaluation de la vulnérabilité et des dommages sismiques par méthodes innovantes
    L’augmentation des populations concentrées dans des villes de plus en plus grandes, exposées aux séismes et constituées d’un habitat hétérogène positionne le milieu urbain parmi les éléments les plus critiques du risque sismique. Sa connaissance est un élément important à maîtriser pour gérer, prédire et évaluer sa vulnérabilité et son intégrité post-sismique. La variabilité de la réponse d’une structure à un séisme introduit une incertitude importante dans l’évaluation de sa vulnérabilité mais aussi dans la prédiction des dommages. Bien souvent deux échelles d’espace (échelle de la ville ou du bâtiment) et trois échelles de temps (avant, pendant et après le séisme) sont invoquées lors des études sismiques en milieu urbain.
    Plus d’informations sur http://users.isterre.fr/pgueg/URBASIS/Accueil.html ou http://urbasis.osug.fr
  • Autres sites WEB dédiés à l’approche INSAR :
    Seismes vus du ciel : www.planseisme.fr/-Dossier-Seismes-vus-du-ciel-.html
    L’Aquila (Italy) earthquake: ALOS PALSAR L-band interferometry : www.emsc-csem.org/Page/?id=35

Thèses

Publications