Enjeux sociétaux

Frontière entre deux milieux, exutoire de fleuves ou de bassins-versants, le littoral est un territoire très riche écologiquement en mer ou sur terre, mais également exposé à des pollutions variées (pression sur les ressources naturelles, altération du milieu, rejets directs en mers, etc.).


Embouchure de la Laïta © E.Le Cornec / Geos AEL © Franck Garestier, UMR 6143 M2C

La zone littorale est ainsi le lieu de diverses activités et usages aux motivations différentes : tourisme, aménagement, urbanisme, conservation du littoral et préservation de la biodiversité, pêche, culture, élevage, etc., mais également une zone où les aléas naturels, induits par le changement climatique (élévation du niveau de la mer, tempêtes plus intenses, voire plus fréquentes) nécessitent une surveillance particulière. En effet, les secteurs littoraux, particulièrement le trait de côte, sont des zones fortement évolutives avec des secteurs en érosion parfois de plusieurs mètres par an pour les côtes meubles. Ils subissent donc des assauts accrus de la mer lors des tempêtes amplifiant l’intensité de l’érosion et provoquant, pour les zones basses, des submersions dommageables pour les populations et l’économie locale.

De nombreuses instances locales, nationales, européenne, ou internationales se sont saisies des problématiques liés au littoral, citons à titre d’exemple : 

  • Le processus de Gestion Intégrée des Zones Côtières (GIZC) issu de préconisations à la fois internationales (conférence des Nations unies sur l’environnement et le développement de Rio de Janeiro en 1992 et sommet mondial sur le développement durable de Johannesburg en 2002), et communautaires avec la Recommandation du parlement et du Conseil européen du 30 mai 2002 relative à la mise en œuvre d’une stratégie de gestion intégrée des zones côtières (GIZC) en Europe.
  • La Stratégie Nationale de Gestion intégrée du trait de côte : vers la relocalisation des activités et des biens, menée par le Ministère du Développement Durable suite aux engagements du Grenelle de la Mer (juillet 2009).

Ainsi, s’il existe une réelle prise de conscience des structures politiques locales, nationales et internationales quant à la nécessité d’agir pour le littoral, la communauté scientifique peine parfois à apporter les éléments concrets nécessaires pour la définition de stratégies pratiques de gestion de la zone littorale tant les verrous scientifiques sont nombreux.

Question de recherche

Les questions de recherche associées à l’évolution morphodynamique du littoral peuvent  être classées en deux catégories. 

La première concernent les interactions complexes entre :

  • les différents processus hydrodynamiques (vagues, courants et niveaux d’eau), 
  • les processus hydrodynamiques et le transport sédimentaire (turbidité, flux),
  • le forçage hydrodynamique et la réponse morphologique du littoral (dynamique des corps sableux, mobilité du trait de côte)

La seconde est en lien direct avec la compréhension du comportement du littoral sous l’effet d’un forçage paroxysmal : Il est difficile de dire si les processus hydro-morphodynamiques actuellement identifiés sous forçages modérés restent valables et identiques pour des forçages extrêmes (rares et très énergétiques). 

Lever ces verrous académiques est un challenge ambitieux qui nécessite des approches conjointes :

  • Observation à échelles temporelles et spatiales variées afin de suivre et quantifier les évolutions des milieux,
  • Expérimentation en laboratoire ou in-situ pour analyser et comprendre les mécanismes et processus,
  • Modélisation pour tester des scénarios et prévoir les impacts.

Dans cette démarche, les données de télédétection constituent une information essentielle tant pour l’observation quantitative de l’hydro-morphodynamisme littoral, que pour l’élaboration de modélisations numériques ou même physiques afin d’engager des recherches prospectives orientées vers le devenir des systèmes littoraux.

Applications

Le Système d’Observation National DYNALIT (SNO DYNALIT)

La plupart des acteurs académiques acteurs de la thématique du littoral à l’échelle nationale sont rassemblés au sein du SNO – Service National d’Observation labellisé par l’INSU (Institut National des Sciences de l’Univers) DYNALIT. DYNALIT gère sur le long terme l’acquisition, la collecte et la mise en cohérence de données métrologiques de qualités depuis de 26 sites ateliers (côtes sableuses, falaises, embouchures) répartis sur toutes les façades maritimes françaises.

Implantation des sites : 

  • Côtes Sableuses : Agon, Pointe de Gatseau, Pointe de La Coubre, Pointe d’Arçay, Espiguette, Maguelone-Aresquiers, Merville-Franceville, Porsmilin, Pays de Monts, Baschamps, Hyères, Guisseny, Suscinio, Dunkerque Est, Biscarrosse, Truc Vert, Anglet, Ermitage (La Réunion).
  • Falaise : Mesnil-Val, Vaches noires, Ailly/Puys, Socoa
  • Estuaire : Rhone, Loire, Gironde, Seine 

Observatoire de l’Univers (OSU) porteur : Institut Universitaire Européen de la Mer  (Brest) 

Partenaires impliqués :

  • 8 OSU : OSUNA (Nantes), OASU (Bordeaux), PYTHEAS (PACA), OREME (Montpellier), OSU Réunion, IUEM (Brest), Observatoire Midi Pyrénées, Observatoire de Lyon 
  • 20 Universités : Cote Opale, Caen Basse-Normandie, Le Havre, Brest, Bretagne Sud, Nantes, Bordeaux, Aix-Marseille, Montpellier, Grenoble, Toulon, Pau Adour, La Réunion, Perpignan, La Rochelle, Lyon, Toulouse, Rouen, Angers, Rennes.
  • 18 UMR  : LOG (Wimereux), M2C (Caen, Rouen), LOMC (Le Havre), Géosciences (Montpellier), LDO (Brest), LETG (Brest, Caen, Nantes, Rennes, Angers), LEGI (Grenoble), EPOC (Bordeaux), CEREGE (Marseille), MIO (Toulon), LPG (Nantes, Angers), IPGP (Réunion), Espace-Dev (la Réunion), CEFREM (Perpignan), LIENSs (La Rochelle), LGL (Lyon), LEGOS (Toulouse), GET (Toulouse)

Plus d’informations sur www.dynalit.fr

Le Système d’Observation Littoral – Trait de côte (SO LTC)

Le SO Littoral-Trait de Côte est un dispositif dédié à l’analyse de l’hydrodynamique et de la dynamique sédimentaire des systèmes littoraux, sous le patronage de l’OSU OREME, de la DREAL Languedoc-Roussillon, de la Région Languedoc-Roussillon et de l’INSU.

Il est mis en place pour assurer l’acquisition, la qualification, le stockage, la diffusion, la valorisation scientifique de mesures pérennes et de grande qualité en zone littorale, ainsi que leur couplage avec des outils de modélisation numérique et de prédiction de l’hydro-morphodynamique littorale.

Par ailleurs, le SO LTC travaille sur deux questions principales à l’échelle internationale :

  1. l’analyse des phénomènes extrêmes tels que les tsunamis ou les cyclônes, avec des collaborations actuelles essentiellement sur l’Asie, en particulier le THL et NCKU à Taiwan ;
  2. l’étude des Shallow Water Bodies, ou SWB (des bassins continentaux peu profonds se comportant comme des immenses littoraux; par exemple le Lac St Jean au Québec ou le Lac Chad au Sahel chadien) en partenariat étroit avec l’EOST de l’Université de Strasbourg

Plus d’informations sur www.soltc.org

Le Service d’Observation de la Dynamique du trait de Côte (SODYC)

7 principaux sites ateliers sont suivis dans le cadre du SODYC coordonné par l’Université de Caen Basse-Normandie. A cela s’ajoute des sites secondaires comme la petite baie du Mont-Saint-Michel. Ce service d’observation couvre un spectre large d’environnements littoraux dans une mer à marée ayant des niveaux d’anthropisation différents et des expositions variées.

Les paramètres mesurés sont : 

  • La position X,Y et Z du trait de côte à un instant t
  • La topographie de l’estran et de l’avant-côte
  • Les principaux forçages externes, notamment hydrodynamiques

L’instrumentation mise en oeuvre repose sur la réalisation de campagnes de topographie laser et l’installation permanente au droit des sites-ateliers de différents capteurs

Plus d’informations sur www.unicaen.fr/sodyc

Thèses

Contact


Bertrand Lubac
Université de Bordeaux
@bertrand.lubac


Lucie Cocquempot
Université de Brest
@lucie.cocquempot


Christophe Delacourt
Université de Brest
@christophe.delacourt